2ème année plus chaude en Arctique

Ingi Amr Samedi 29 Décembre 2018-16:09:55 Environnement
 L’Arctique
L’Arctique

Hormis en 2016, les températures n'ont jamais été aussi élevées en Arctique que cette année. Les scientifiques tirent la sonnette d'alarme.

L'Arctique s'est encore réchauffé à l'hiver de 2017-2018. La glace de la région se réduit, les caribous disparaissent et les algues rouges remontent vers le nord, selon le rapport annuel de l'administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA).

L'année 2018 a été la deuxième plus chaude en Arctique depuis que les relevés existent, à partir de 1900. Il a fait 1,7°C plus chaud que la moyenne des trois dernières décennies et le réchauffement y est deux fois plus rapide que la moyenne mondiale. Le record absolu date de 2016.

La tendance est évidente: les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, selon la NOAA. Celle-ci a coordonné ce rapport de référence écrit par plus de 80 scientifiques de douze pays.

«La multiplication des records et quasi-records de température depuis 2014 est sans précédent dans l'histoire des relevés», prévient l'agence.

Dans l'Océan arctique, la glace se forme de septembre à mars mais la saison se raccourcit inexorablement au fil des années. Les glaces sont moins épaisses, plus jeunes et couvrent moins d'océan. La vieille glace, c'est-à-dire âgée de plus de quatre ans, s'est réduite de 95% depuis 33 ans.

C'est un cercle vicieux: des glaces plus jeunes sont plus fragiles et fondent plus tôt au printemps. Moins de glace signifie moins de réflexion solaire: l'océan absorbe davantage d'énergie et se réchauffe donc un peu plus.

Ces changements climatiques ont un effet dramatique sur l'écosystème. Les populations de caribous et rennes sauvages de la toundra sont en déclin depuis le milieu des années 1990. Seuls deux des 22 troupeaux surveillés n'ont pas décliné. Cinq ont perdu plus de 90% de leurs membres dans la région Alaska-Canada et «ne montrent aucun signe de reprise».

«Certains troupeaux ont des populations au plus bas niveau jamais enregistré», avertit l'agence. La plupart sont officiellement classés en danger ou rares.

La cause est probablement l'allongement de l'été et de ses maux pour les animaux, bien équipés pour l'hiver mais pas pour la saison douce: parasites, puces, maladies...

Le réchauffement aide au contraire les algues rouges toxiques (planctons microscopiques ou bien algues plus grosses) à conquérir de nouveaux territoires  en pénétrant les eaux de moins en moins froides de l'Arctique, où poissons et crustacés peuvent s'empoisonner.

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